CAN 2025 : le journalisme sportif qui déraille grave

Imagine la finale de la CAN 2025 qui s’achève, le stade encore bouillant, et bam : une question balancée à chaud, ton sec comme un coup de fouet, sans filtre. En un clin d’œil, les réseaux s’enflamment, le clip tourne en boucle hors contexte. L’événement sportif ? Évaporé. Reste juste une explosion d’émotions crues, comme un feu de poubelle en pleine nuit de banlieue.

Poser une question qui cogne, ouais, le sport de haut niveau en a besoin – surtout après une défaite qui gratte ou une victoire qui pèse lourd dans l’histoire. Mais là, ça vire mal quand l’interview n’éclaire plus, elle provoque. C’est plus la quête de vérité, c’est la chasse au buzz, la réaction brute qui prime sur tout. Le journaliste se mue en provocateur, oubliant son rôle : creuser, pas enflammer.

Les réseaux sociaux ont bouffé le journalisme sportif, point barre. Fini le temps long, le contexte qui cadre tout. Place à la mise en scène, aux phrases taillées pour le viral, aux échanges bons à clipper. L’interview devient un ring, pas un espace pour informer. Dans la CAN, où chaque mot touche à l’identité, à la fierté africaine, à des décennies de luttes, c’est de la dynamite. Une question mal dosée, et hop, les tensions s’allument au lieu de s’expliquer.

Et nous, on gobe ça en miettes : un extrait, une intonation, une phrase sortie du feu. Plus de raisonnement complet, juste du clash instantané. Le public avale des fragments, et le journaliste, en surfant là-dessus, creuse lui-même le trou de la confusion.

Informer, c’est pas braquer. Critiquer, c’est pas hurler. On peut être dur sans humilier, incisif sans tabasser. La retenue, c’est pas de la faiblesse, c’est du métier pur : la bonne question, au bon moment, avec la bonne distance, comme un regard qui perce sans blesser.

La CAN 2025, elle claque par son intensité, ses drames humains, ses triomphes. Cette polémique ? Un signal d’alarme. Le journalisme sportif perd son âme à copier les algos. Sa force, c’est le sens brut, le contexte qui ancre, la responsabilité qui tient la route. Quand ça s’embrouille, c’est pas qu’une interview qui foire : c’est la confiance qui s’effrite, comme un mur de HLM qui s’écroule lentement.


En savoir plus sur THE MGP RADIO

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire